jeudi 24 décembre 2009

La conduite [Ça dérape !].



Quand tu apprends à conduire, tu passes surtout des plombes à t'entrainer au stationnement. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a en la matière, un tas de positions, toutes différentes et qu'il s'agit de les mémoriser par une pratique régulière de la chose. La prise en épi est particulièrement déconseillée aux débutants. Elle exige une grande souplesse et un doigté qu'on ne peut aborder correctement qu'avec un peu d'expérience.


Et puis un jour, tu te retrouves sur l'autoroute et tu sens ta voiture qui commence à ne plus du tout rouler. Elle se met à glisser sur le bitume, un peu comme les aéroglisseurs dans Skippy-le-kangourou, penses-tu. Tu as parfaitement conscience que jamais le marsupial ne viendra te tirer de ce mauvais pas. Tu entraperçois de plus en plus distinctement la fin de l'épisode et il y manque très clairement le rebondissement de dernière minute qui en fait habituellement la saveur. Un peu comme pour te remercier d'avoir résisté à tout ce suspense, le héros t'évite habituellement la catastrophe.

Pendant que tu pars en glissade sur l'autoroute, ce n'est pas du tout le moment de savoir bien faire un créneau !

Ou bien, tu sors de chez toi, il est sept heure et demie, tu te pèles le fion dans cette nouvelle robe et tu découvres que le sol et la totalité des environs sont couverts d'une épaisse couche de neige. Tu ne te souviens pas qu'on t'ai à aucun moment expliqué la conduite sur terrain délicat. C'est comment qu'on freine quand le sol est glacé ?

Au prix actuel d'un permis de conduire et à notre époque de sécurisation totalitaire, vous ne le trouvez pas un peu léger, l'examen de conduite ?

mardi 22 décembre 2009

La science [histoire sans fin…]



Un scientifique, c'est un gars qui cherche à comprendre comment fonctionne le monde qui nous entoure. Une fois qu'il pense avoir trouvé quelque chose, il l'écrit dans un grand livre et, comme il préfère ne pas passer pour un con, en général, et auprès de ses potes en particulier, il appelle ça une théorie.

Par exemple, nous avons longtemps vécu selon le principe de la platitude de notre astre et de l'impossibilité de dépasser l'horizon sauf à vouloir se casser la gueule dans le grand vide. L'ensemble des petits pairs du peuple de la science avait décrété que la Terre qui nous héberge était une sorte d'assiette à dessert posée au centre de l'univers et autour de laquelle s'organisait toute la cuisine du monde. D.ieu nous avait posés là pour des raisons impénétrables et sans même nous fournir un télescope pour lui observer le derrière ; nous n'allions pas en faire tout un fromage.

Tout le problème d'une théorie c'est qu'elle n'existe que jusqu'à ce qu'un autre gars se mette à comprendre tout à fait différemment la petite mécanique qui régit notre monde. Il est ainsi démontré, selon Albert Einstein, que le temps est tout à fait relatif selon l'endroit d'où tu l'observes. Nous en avons tous fait l'expérience par nous-même : cinq minutes n'ont pas la même durée s'il s'agit d'aller chez toi, de la chambre au salon, ou bien de te rendre au boulot encastré parmi la foule d'un métro surbondé.

Pour l'heure, il est donc scientifiquement établi que nous ne pouvons ni accélérer ni ralentir les horloges bien que je garde l'intuition, selon le principe des théories qui apparaissent et s'annulent successivement qu'il faille considérer qu'il s'agit ici d'une limite temporairement validée par notre savoir. Je parie qu'un gars qui cherche à comprendre comment fonctionne le bouzin finira par en démonter les rouages et nous offrira bientôt d'aller discuter le bout de gras au milieu du XVIIème siècle pendant la pause déjeuner.

A l'inverse et conscient que la science est toujours un savoir en train de se construire, j'ai beaucoup de mal à accepter qu'un ensemble de scientifiques viennent nous parler du réchauffement planétaire avec une telle certitude. Ils dévoilent l'avenir avec plus d'aplomb qu'une Madame Soleil un soir de cuite, ils annoncent l'évidence d'une prochaine catastrophe avec plus de culot qu'un vendeur de vaccins à l'annonce de la grippe qui hache à Hesnin, ils démasquent notre future apocalypse avec la même certitude qu'un informaticien exposant les conséquences inévitables du bug de l'an 2000.

Je veux bien faire l'effort d'exclure les prédictions d'Elisabeth Tessier ou de Paco Rabanne mais, tout de même, en quarante-trois ans d'existence, c'est bien la dix-septième fois qu'on me fait le coup de la fin du monde qui est pour demain matin. Je finis par avoir du mal à craindre pour mon petit déjeuner !

Nota benêt : organiser un sommet
à Copenhague en plein hiver
et avant le réchauffement planétaire,
reconnaissez que l'idée
était un peu conne !

jeudi 17 décembre 2009

A l'eau [y'a quelqu'un ?]


[source]


Il y a eu scission chez les nudistes !
Nous avons maintenant le camp des naturistes qui aspirent être à poil et la section des autres qui eux aussi, mais qui s'épilent le maillot. Bien entendu, les premiers et les seconds veulent éviter de se dévêtir en vis à vis. Ils ne souhaitent ni s'épier, ni expier, c'est casse-pieds.

L'idée des uns, c'est que si la nature ou je ne sais quoi nous a doté d'une toison, ce n'est pas pour qu'on s'en prive. Le rasoir serait une sorte d'instrument du diable à ranger dans la même catégorie que la tondeuse ou le sécateur. Ils aiment les forêts, les sous-bois, la broussaille et tout ce qui est touffe.


En face, il y a l'ordre de la peau lisse qui ne jure que par l'imberbe et le glabre. Ils se moquent des moquettes et affichent un fou-rire face aux fourrures. Pour faire plus court : ils adorent le ras et le poli, ils ont la haine du poil à l'aine et de tout ce qui l'étouffe. Ils ont le toupet d'exiger une eau épurée, c'est barbant.

C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase et tout l'organisation qui boit la tasse : il devient impossible de gérer les horaires de la piscine municipale. La dernière fois, à cause des obèses des personnes en surcharge pondérale et
pour éviter les heurts, nous avons proposé une ouverture de quelques heures le lundi. Dans la mesure où ils sont en petit nombre et pataugent dans la pénombre, afin de ne pas se voir, ni d'être vus, le surcout est minime mais l'avantage est énorme.

Le mardi matin est réservé aux femmes ménopausée mais le soir est pour les bébés nageurs. Ce qui oblige à garder une heure de battement entre les deux. Le mercredi, il y a priorité aux enfants sauf en cas de compétition le week-end qui suit. Dans ce cas, les sportifs ont force de loi. La palme revient aux jeudi et vendredi, entièrement consacrés aux différentes religions. Chacune est priée d'organiser le partage des eaux sans que nous n'ayons d'affront à laver.

Mais, s'il nous faut désormais gérer deux tribus de nudistes, comment faire ? Nous plongeons la tête la première dans un délire de grande largeur. Et pourquoi ne pas aussi séparer les petits des grands, les blondes à forte poitrine de celles qui n'ont que des prétentions, les bien équipés malgré l'eau froide des sous-tuyautés notoires ?

Je me demande si nous ne devrions pas remettre à l'eau, l'idée d'une piscine digne d'un espace public, ouverte à tous et dans laquelle s'organiserait le brassage social…


Nota benêt : si aujourd'hui, c'est à la mode de s'épiler, demain, ce s'ra pu bien !

mardi 15 décembre 2009

En macho, s'aimer [sans mâcher ses mots !]


[source]


C'est le seize novembre dernier que je me suis retrouvé tagué par Elmone. Il s'agit pour moi d'exprimer ici, cinq manifestations de mon machisme. Je tourne depuis ce jour autour de la question : puis-je vraiment le prendre au mot et, raisonnable, l'est-ce bien ?


Une chose est certaine, mon féminisme est bien réel : je suis à la maison totalement favorable à la parité, un homme pour une femme, sinon c'est le bordel ou l'auberge espagnole. Comme disait Coluche : « avec ma femme, on a des relations mais heureusement, elles ne viennent pas souvent ».

En véritable macho, j'ai bien tenté de déléguer, à ma compagne, l'écriture de ce texte mais, voyez-vous, elle cache son incapacité de faible femme derrière un soit-disant surbooking. Ne croyez pas que je l'insulte en soulignant son handicap, nombre de femelles, je le sais, rêveraient de prendre sa place pour être, comme elle, aussi bien comprises.

Je me demande d'ailleurs si le secret de sa somptueuse féminité ne réside pas simplement dans cette bizarrerie anatomique : elle est équipée de deux mains gauches. Si je préfère moi-même m'occuper des repas, c'est pour ne pas alimenter ses complexes. Je m'adonne à tout un tas d'autres tâches ménagères tout en admirant sa beauté. Elles sont ainsi bien faites pendant qu'elle reste bien foutue.

En vérité, je ne sais pas s'il faut me ranger dans le camp des machistes, j'aurai plutôt tendance à balayer le sujet d'un revers de la main. Répondre clairement pourrait me mettre dans de beaux draps. Et puis, je ne vais pas m'y étendre, ça ne fait pas un pli et vous ne m'y ferez pas revenir, parce qu'à l'heure qu'il est, je suis lessivé !

dimanche 13 décembre 2009

d.ieu [Pan !]


[source]



«Au nom d'une “redéfinition ethnique de la culture”, le relativisme est devenu un concept fourre-tout permettant de qualifier de raciste toute remise en cause de la tendance intégriste des religions, ou toute critique spécifique du sort réservé aux femmes dans les ghettos urbains. Dans un monde si parfaitement retourné, la critique de la religion n'est plus le préalable à toute critique, elle en est même l'ennemie. […] Analyser la religion en termes de relativisme culturel et de différencialisme ; nier que, sans contre-pouvoir laïque et effectif, la tendance naturelle de toute religion est l'intégrisme, c'est rendre inattaquable la religion et ses conséquences prévisibles.

Le combat pour la liberté a toujours été mené contre la religion, sa volonté proclamée de controler la société civile et d'imposer par la violence ses mœurs et ses coutumes. C'est par des luttes sans merci qu'en Europe, les religions ont été cantonnées à la sphère de la vie privée ; que le droit au blasphème a pu préfigurer le refus de toute censure ; que le prolétariat s'est opposé au fétichisme religieux avant de s'attaquer au fétichisme marchand. Simulacre postdémocratique, la prétendue amélioration du niveau de vie ne règle en rien la question religieuse et l'exemple des États-Unis en fournit quotidiennement la preuve. La société laïque n'a pas à renégocier la séparation qu'elle a imposée entre l'Église et l'État, ni à dialoguer avec les religions au nom de la religion. Défendre des exclus s'identifiant à une religion centralement totalitaire, c'est soumettre la société laïque à une attaque aux conséquence fatale : sa dissolution.»

Jordi Vidal - Servitude & simulacre [Éditions Allia, 2007]

Le livre est apparemment disparu du catalogue. Le titre complet de l'ouvrage est : «Servitude & simulacre en temps réel et flux constant - Réfutation des thèses réactionnaires et révisionistes du postmodernisme»

  © Blogger template 'Minimalist E' by Ourblogtemplates.com 2008

Back to TOP